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  • Photo du rédacteurmutambak96

Messe noire au Mont Ngaliema pour neutraliser Katumbi et Kabila


Les réunions de sécurité se succèdent autour de Félix Tshisekedi. Le président sortant, candidat à sa succession, a réuni autour de lui jeudi 21 décembre dernier une brochette de personnalités en vue d'examiner la situation.


Des sources crédibles confirment la présence du Président de la CENI, Denis Kadima, de la ministre de la Justice, Rose Mutombo, du Vice-Premier Ministre chargé de l'Intérieur, Peter Kazadi, et du Vice-Premier Ministre en charge de la Défense, Jean-Pierre Bemba. Le dernier était le seul à ne pas être originaire du Kasaï.


A l'ordre du jour de cette réunion, un seul point : les élections générales en cours dans tout le pays. "Le Chef de l'Etat a exigé d'être proclamé par Denis Kadima le plus rapidement", a révélé un conseiller de Peter Kazadi. "Il a demandé à Denis Kadima d'entamer immédiatement la publication des résultats partiels".


Peur de la réaction des Congolais

La vraie raison de l'impatience de Félix Tshisekedi réside dans la vague de protestations qui monte dans tout le pays. Le flot d'images de violences, de contestations et de machines à voter clandestines découvertes dans les résidences des candidats de la majorité a fini d'achever le peu de confiance qu'inspirait encore Denis Kadima sur sa capacité à gérer le élections.


La volonté du Chef de l'Etat s'est heurtée à la résistance des participants. Ces derniers ont demandé à Félix Tshisekedi de ne pas agir dans la précipitation et de préparer chaque séquence de la proclamation des résultats par la CENI. "Nous allons faire face à une protestation qui peut tourner à la violence si la proclamation n'est pas encadrée et bien préparée", affirme un membre du cabinet du Chef de l'Etat qui précise que tous les participants, en particulier le Conseiller Spécial du Chef de l'Etat en matière de sécurité, Me Esambo, ont invité Félix Tshisekedi à prendre langue avec tous ses adversaires, particulièrement Martin Fayulu. Le grand perdant des élections de 2018 serait prêt à accepter la main tendue par Félix Tshisekedi.


Menaces sur Katumbi et Kabila

 "Quel que soient vos conseils, de toute façon mes plus grands ennemis, je vais les enterrer. Et vous les connaissez bien. Je n'ai pas peur ni du barbu ni du Zambien, ils seront tous les deux à deux mettre sous terre quand je serai encore à la tête du pays", a affirmé le président sortant candidat à sa succession.


Déterminé à museler toute contestation, le Chef de l'Etat a demandé au Vice-Premier Ministre de la Défense de prendre ses responsabilités. Jean-Pierre Bemba a expliqué avoir procédé à l'affrètement d'une centaine de bus pour aller à la base militaire de Kitona afin d'y embarquer les jeunes gens qui pour certains iront à Kinshasa et d'autres à Lubumbashi. Les militaires déployés dans les deux capitales porteront des tenues de policiers.


La grogne monte chez les militaires

Parallèlement à ce déploiement de troupes militaires, Félix Tshisekedi a profité de la dernière semaine de campagne électorale pour remanier son armée. La nouvelle mise en place coïncide avec une remise à niveau des acteurs de la chaîne de commandement des FARDC. "Le général Tshiwewe qui dirige l'armée en tant que Chef d'Etat Major, est mis sous haute surveillance. Ses jours sont comptés", dit-on à l'état major général. Plusieurs officiers katangais ont été arrêtés. Plus de 7 d'entre eux ont été mis en résidence surveillée. "La grogne au sein de l'armée est perceptible", dit un officier congolais, qui affirme que "s'il n'y prend garde, un de ces quatre matins, Félix Tshisekedi verra un de ses plus proches collaborateurs prendre les affaires en main". Le Vice-Premier Ministre de la Défense a expliqué toutes les mesures prises pour neutraliser les officiers suspectés d'être en intelligence avec l'ancien président Joseph Kabila et avec Corneille Nangaa, le nouveau président du M23 qui vient de se transformer en mouvement politico-militaire.

Élections chaotiques et frauduleuses, offensive diplomatique, purge dans l'armée, voilà les trois axes sur lesquels travaille l'équipe de Félix Tshisekedi. Le schéma du président sortant semble se dérouler parfaitement. L'opposition congolaise cherche encore une unité improbable. A la veille des fêtes de fin d'année, les Congolais sont plus préoccupés par leurs repas de fin d'année que par les résultats des élections.


Tshisekedi vit dans l’isolement

Pourtant au sein du sérail présidentiel, les signes de fébrilité sont perceptibles. Moïse Katumbi fait peur. L'homme s'est replié dans le Katanga d'où on le suspecte de s'organiser. A l'Est, les troupes du M23 et de Corneille Nangaa ont repris leur marche. Joseph Kabila et les FCC ont eux aussi commencé à donner de la voix en exigeant l'annulation des élections et le départ de Félix Tshisekedi.


En cette fin d'année, le Chef de l'Etat congolais vit dans l'isolement. Sa famille politique s'est disloquée avec les élections et ses ennemis sont de plus en plus nombreux. La stratégie de durcissement et de répression arrivera-t-elle à étouffer dans l'oeuf la contestation ? Rien n'est moins sûr. Une épreuve de force commence. Elle aboutira à une nouvelle cartographie politique de la RDCongo. Et en RDCongo, les gagnants ne sont pas toujours ceux à qui l'on pense. Dans l'ombre, des forces se sont elles aussi mises en mouvement...

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