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  • mutambak96

Dany Banza ou les contorsions savantes du pompier-pyromane du Katanga


Le 17 novembre dernier, prenant part à une marche de soutien aux FARDC organisée à Lubumbashi, Dany Banza avait déclaré «Même si Kyungu wa Kumwanza se réveille de sa tombe et on fait de lui président de la RDC, l’Est du pays ne sera pas en paix, même si nous plaçons Moïse Katumbi Chapwe à la tête de la RDC, nos divergences avec le Rwanda ne vont pas finir ».


Dans la bouche d’un des plus proches conseillers de Félix Tshisekedi, cette déclaration n'est pas passée inaperçue. Maladresse ou flatterie ? Le discret gestionnaires des comptes off-shore de Félix Tshisekedi et de ses intérêts dans l’exploitation des mines du Katanga est en train de jouer une carte très serrée. Face à la volonté des caciques de l’UDPS de prendre les choses en main, Dany Banza se doit désormais de démontrer sa force politique. Ses talents de contorsionnistes et manipulateurs vont être mis à rude épreuve. Tant aujourd’hui, il paraît de plus en plus difficile de concilier les intérêts d’un pouvoir de Félix Tshisekedi et la fronde anti-kasaïenne qui gagne toutes les anciennes provinces du Grand Katanga.


Tous les coups sont permis

Alors que le mandat de Félix Tshisekedi arrive à son terme dans 12 mois, les principaux lieutenants du candidat-président congolais se déchirent dans une bataille ardente et noire. Augustin Kabuya et Dany Banza ont décidé d’en découdre. Dans un contexte marqué par une tension extrême entre la communauté kasaïenne et les Katangais, tous les coups sont permis, surtout les plus tordus. Pour asseoir son autorité sur l’UDPS, le successeur de Jean-Marc Kabund a profité de la mise en place des autorités territoriales, maires et bourgmestres, pour imposer tous ses candidats et faire main basse sur toutes les communes les plus juteuses du pays.

Au Katanga, au sein du principal parti allié de Félix Tshisekedi, l’UNAFEC de Gabriel Kyungu wa Kumwanza, on ne décolère pas. Aucun membre de l’UNAFEC n’a été choisi parmi les dizaines de promus. La mise en place décrétée par les autorités de Kinshasa ne passe pas. Et pour sûr, la sentinelle du Katanga doit se retourner dans sa tombe. La nomination d’une majorité de Kasaïens recrutés par le secrétaire général de l’UDPS sur fond de clientélisme voire, pour certains, d’un favoritisme intéressé est désormais perçue comme une déclaration de guerre. « On nous l’a mis bien profond ! On ne va pas se laisser faire », tonne un des leaders de l’UNAFEC. La colère entraîne dans la bouche de plusieurs leaders du parti des mots crûs que Kyungu n’aurait pas hésité à prononcer.


L’UNAFEC se remet difficilement des luttes internes de pouvoir qui ont marqué le départ de son Président. Mais, de façon unanime, tous les jeunes de l’UNAFEC, dont le passé de combattants-militants n’est plus à démontrer, sont mobilisés et prêts à se mettre en mouvement pour régler les comptes aux Kasaïens. En réalité, derrière ce mouvement se cache l’ambassadeur Dany Banza, un homme de l’ombre. Ambassadeur itinérant, gestionnaire des comptes privés du Chef de l’Etat dans plusieurs paradis fiscaux, administrateurs de comptes à Dubaï, et surtout conseiller des affaires privées du Chef de l’Etat dans le Katanga, Dany Banza joue au pompier-pyromane.


Le jeu dangereux de Banza

Selon les indiscrétions récoltées dans les états-majors de l’UNAFEC et de ACO, le parti de Banza, la réaction d’hostilité marquée des Katangais à l’endroit des Kasaïens fraîchement nommés à la tête des communes du Katanga est nourrie par Dany Banza. « Nous connaissons bien Dany Banza. Ici, à Lubumbashi, il excite les gens et quand il est à Kinshasa, il se vante de pouvoir les calmer. Tout cela pour montrer qu’il gère les Katangais à sa guise et que Tshisekedi doit compter sur lui », murmure un conseiller à la Présidence. Reste à voir si Félix Tshisekedi arrivera à trancher entre le Secrétaire Général de son parti et son Ambassadeur-conseiller qui connaît tous les codes de ses comptes et celui de ses coffre-forts à Monaco, Dubaï et Andorre…



Ce qui se joue au Katanga est en réalité le vrai pouvoir dont dispose actuellement Dany Banza à travers son homme de paille, Sama Lukonde, le Premier Ministre qu’il est parvenu à hisser à l’hôtel du Gouvernement. A la veille du remaniement annoncé depuis plusieurs semaines, Augustin Kabuya fait le forcing pour reprendre la main sur l’exécutif. Plusieurs figures de proue de l’UDPS exigent le contrôle du gouvernement. « Un gouvernement de combat ne peut pas être conduit par un Premier Ministre faible et inaudible, issu d’une province qui ne ramènera aucune voix au Président Tshisekedi. Il faudrait être idiot ou aveugle pour croire qu’au Katanga Dany Banza et Jean-Michel Sama Lukonde pèsent plus que Moïse Katumbi et Joseph Kabila réunis », estime un fin analyse politique.

La mise en place a mis le feu aux poudres dans les villes et les communes. Du pain bénit pour Dany Banza qui a trouvé l’occasion rêvée de se faire prévaloir et mettre Kabuya en difficulté. A peine débarqué à Lubumbashi, le président de ACO a donc réuni une poignée de jeunes de l’UNAFEC. Il n’a pas hésité à mettre la main à la poche pour les exciter. Il leur a promis qu’il leur parlera lors d’un rassemblement programmé dans les prochains jours. Tout porte à croire, qu’il tiendra un discours conciliant et d’apaisement et qu’il les appellera au calme afin de démontrer au Président Tshisekedi que c’est bien lui qui tient Lubumbashi en main.

« Nous connaissons le petit jeu de Dany Banza. Nous ne sommes plus des petits enfants et nous n’allons pas jouer à cette comédie-là. S’il veut rester le monsieur Katanga de Félix Tshisekedi, il n’a qu’à prouver que son parti ACO vaut quelque chose", affirme un des responsables de la JUNAFEC qui promet bien du fil à retordre à ceux qui continuent à croire que les Katangais sont taillables et corvéables.


Dans l’entre-temps, la situation entre Katangais et Kasaïens s’est à nouveau tendue à Lubumbashi avec l’assassinat crapuleux du jeune pasteur Katangais, Jérémie Doxa Monga, victime de la barbarie de trois wewas. Sitôt poursuivis et arrêtés, il s’avère que les trois présumés assassins sont de la communauté kasaïenne. De quoi remonter à bloc la jeunesse katangaise qui supporte de moins en moins le diktat d’une communauté minoritaire qui s’arroge chaque jour plus de pouvoir économique et politique. La partie est donc loin d’être gagnée pour Dany Banza qui profite d’un incendie qu’il pourrait ne pas être en mesure d’éteindre.



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