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  • Photo du rédacteurmutambak96

Dany Banza et Jacques Kyabula pointés dans le massacre de 50 jeunes gens à Lubumbashi


Le gouverneur Jacques Kyabula.

Cette affaire n’est pas sans rappeler les incidents entre étudiants survenus à l’université de Lubumbashi dans la nuit du 11 au 12 mai 1990, appelé le massacre des étudiants. Quelques années plus tard, on se rendra compte de la manipulation. Mais aujourd’hui, la situation est de loin différente à celle qui remonte à ce massacre sans morts ni veillées mortuaires ! Nous ne sommes pas dans un montage. Les victimes sont connues. Les familles endeuillées également. Et les assaillants ont été vus en plein jour. Les responsables et les commanditaires se cachent. Pour les Lushois, il n’y a plus aucun doute. C’est du côté du pouvoir kasaïen et de ses collaborateurs katangais qu’il faut chercher les responsables. Lubumbashi est un volcan au bord de l’explosion.



Jeudi 23 mars, des hommes en tenue militaire de la GR, la garde présidentielle, font leur entrée dans le quartier Kilobenobe et Bongonga dans la commune de Kapemba. Ils sont venus "remettre de l’ordre" dans le quartier où règne un groupe de jeunes de l’UNAFEC, le parti de feu Gabriel Kyungu wa Kumwanza. Quelques heures après le passage de ce commando de la mort, on dénombre une cinquantaine de victimes, certaines tuées par balles et d’autres noyées. Pour tous les Katangais, le crime est signé. La garde présidentielle est commandée par les Kasaïens qui veulent régler leur compte et bâillonner les Katangais en colère. La preuve la plus ostensible de ces allégations tient au silence de mort que gardent le pouvoir de Kinshasa et le Premier ministre Sama Lukonde. Depuis le 23 mars, seule la société civile et les parlementaires katangais à Lubumbashi dans le Haut Katanga ainsi que ceux qui siègent à Kinshasa élèvent la voix. Ils exigent la mise en place d’une commission d’enquête indépendante, la tenue de funérailles dignes pour les victimes et la condamnation des tueurs et de leurs commanditaires.


"Le gouverneur Kyabula a quelque chose à cacher. Il fait tout pour effacer les traces qui pourraient faire remonter aux commanditaires", affirme un Lushois qui accuse Jacques Kyabula Katwe d’être le complice des assassins. En instruisant Eric Muta, son ministre UNAFEC de l’intérieur, sécurité, décentralisation, affaires coutumières, droits de l’homme et relations avec la société civile – excusez du peu - , de remettre à chaque famille des victimes une enveloppe pour enterrer les morts, le gouverneur du Haut Katanga cherche manifestement à éviter la collecte des preuves. Faute d’autopsies sur les cadavres, aucune enquête ne pourra disposer des preuves attestant de la nature des morts, l’origine des balles et des armes qui ont provoqué le carnage. "Une cinquantaine d’enterrements en catimini n’est pas chose facile !", dit un conseiller du ministre Muta.


Dans les milieux avertis, il se dit que les jeunes de l’UNAFEC avaient adressé une mise en garde aux responsables de leur parti qu’ils accusaient de vouloir se vendre à Félix Tshisekedi. Depuis la disparition de l’emblématique sentinelle du Katanga, Kyungu wa Kumwanza, l’UNAFEC est terriblement affaiblie. Rien ne va plus au sein de la première formation politique katangaise. Au sein de la famille biologique de Baba Kyungu, aucune figure n’est en mesure de reprendre le flambeau. Entre la veuve ambitieuse, Mireille Masangu, le fils militant Lolo Kyungu, la prudente fille Angélique Kyungu et les autres membres de la fratrie, chacun veut prendre sa part de la formidable machine politique mise en place par le patriarche disparu et revendiquer l’héritage politique.

Dans cet environnement délétère, un Katangais tire son épingle du jeu. Il s’agit de Dany Banza, l’ancien ambassadeur itinérant du Chef de l’Etat. En perte de vitesse et reconverti en conseiller depuis la récente purge présidentielle qui a écarté l’ancien conseiller privé Fortunat Biselele, Banza Maloba achète tout ce qui compte dans la constellation des Kyungu. "C’est un secret de polichinelle au Katanga que Dany Banza veut prendre le contrôle l’UNAFEC. Pour cela il emploie tous les moyens. Il n’hésite pas à sortir beaucoup d’argent. Il a fait nommer Lolo Kyungu au conseil d’administation de la Gécamines et la veuve Mireille Masangu au gouvernement à Kinshasa", dit un haut cadre de l’UNAFEC. "A quelques mois des prochaines élections, il ne veut pas rater l’occasion de constituer une large plate-forme avec son parti ACO et l’UNAFEC", poursuit notre interlocuteur.


A 46 ans, Dany Banza rêve grand.


Après avoir longtemps rêvé d’avoir la fortune de Moïse Katumbi - aujourd’hui que c’est chose faite – l’ambitieux conseiller ne cache plus sa volonté de succéder en 2028 à Félix Tshisekedi. Ni plus, ni moins ! Depuis plusieurs mois, l’ancien ambassadeur itinérant recrute à tours de bras parmi les cadres de l’UNAFEC, les figures politiques du grand Katanga et les jeunes Balubakat afin de constituer sa plate-forme politique.


En sa qualité de mentor de Jacques Kyabula et de Fifi Masuka, respectivement gouverneurs des provinces du Haut Katanga et du Lualaba, Dany Banza gère les deux provinces minières. Chinois, Indiens et Libanais sont à ses pieds. Toutefois à ce jour, les deux gouverneurs traînent encore les pieds à s’afficher publiquement avec Dany Banza. Leur prudence est d’autant plus grande que le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, Guislain Nyembo s’est lui aussi lancé dans la course au contrôle du Katanga. La guerre entre Nyembo et Banza est déclarée et les hostilités déclenchées. Nul ne sait qui en sortira gagnant. Du côté de l’UDPS, cela ne va pas mieux. Augustin Kabuya, le président du parti présidentiel, veille lui aussi au grain. Pour l’UDPS, pas question de laisser prospérer un conseiller dont l’insolente fortune rend la trajectoire de plus en plus incontrôlable.


Dans le même temps, les langues se délient. La cinquantaine de jeunes gens qui ont trouvé la mort sous les balles de la soldatesque doit sa tragique destinée au seul crime d’avoir exigé des comptes aux responsables de son parti. Il fallait lui administrer une leçon et la faire taire. L’opération a mal tourné.


Aujourd’hui, si les responsables de l’UNAFEC font preuve de lâcheté en essayant eux aussi d’étouffer le crime, du côté de l’armée des Zulu, le nom donné aux jeunes miliciens du parti, la colère grandit. Ils n’hésitent pas à pointer Dany Banza et Jacques Kyabula qu’ils accusent d’avoir vendu le Katanga aux Kasaïens.


On peut douter que le carnage de Kilobenobe demeure sans suite. Le pouvoir de Kinshasa doit rapidement trouver un coupable idéal. Il ne pourra pas garder silence longtemps. Il doit dans l’urgence trouver un lampiste à qui faire porter le chapeau… Louis Alphonse Koyagialo Ngbase te Gerengbo pourrait expliquer comment sacrifier un gouverneur pour se sortir des problèmes. Il a malheureusement emporter ses secrets dans la tombe. Mais pour sacrifier ses collaborateurs, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo n’a pas de leçon à recevoir de personne ! Vital Kamerhe, François Beya, Jean-Marc Kabund et Fortunat Biselele peuvent en témoigner !


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