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  • Photo du rédacteurmutambak96

Présidentielle en RDC : vers un nouvel hold-up électoral ?


En République démocratique du Congo (RDC), les joutes électorales sont lancées depuis le 19 novembre dernier. A la course présidentielle, le duel Tshisekedi – Katumbi s’est imposé.

Plus de deux semaines déjà depuis que le go a été donné. C’est un marathon : une course aux meetings dans un pays continent de 2.345.410 Km2, sans infrastructures viables ni routières, ni aéroportuaires, ni ferroviaires.

Les sondages fusent de partout. Tous donnent Moïse Katumbi largement vainqueur, crédité de 61 à 70,2% des intentions de vote, suivi de loin par Tshisekedi pour 9,8 à 12,6% des intentions de vote. Le dernier sondage en date est celui renseigné par le « Monitoring des intentions de vote sur les 10 premiers jours de campagne électorale en RDC » publié par la Commission africaine pour la supervision des élections (CASE), lequel donne Katumbi Chapwe gagnant ave 62% de voix au scrutin du 20 décembre prochain.


Tous les autres poids lourds qui ont fini par faire leur entrée en campagne piétinent, qu’il s’agisse de Martin Fayulu ou de Denis Mukwege.


Désillusion

L’entrée en campagne de Tshisekedi a été difficile. Le stade des Martyrs non rempli, dimanche 19 novembre 2023, au moment du lancement de sa campagne, est un premier couac. L’exploit du 29 avril dernier, d’un stade des Martyrs refoulant du monde, lors de la sortie de l’Union sacrée de la Nation (USN), le regroupement politique qui le soutient, n’a pu être récidivé, en dépit d’importants moyens financiers et logistiques mobilisés !

Cette entrée difficile est marquée également par le ralliement de l’un des poids lourds de cette présidentielle, l’ancien Premier ministre Matata Ponyo Mapon, à Moïse Katumbi. Cette annonce va jeter un pavé dans la marre politique congolaise, c’est un tsunami qui secoue et va pousser trois autres candidats président à faire bloc derrière Moïse Katumbi, dont le dernier en date est Delly Sessanga qui rejoint ainsi Franck Diongo et Seth Kikuni.

Du côté d Tshisekedi, les difficultés vont se multiplier. Ses communicateurs s’entre-déchirent, s’accusant mutuellement sur les réseaux sociaux ou accusant l’équipe de campagne de ne pas mettre à leur disposition les moyens financiers nécessaires. C’est la débandade sur terrain et sur le volet communication.


Un lourd silence

De nombreux alliés de Tshisekedi brillent par leur silence tandis que de nombreux députés étiquetés USN refusent d’afficher le Président de la République sur leurs supports de campagne. Des rappels à l’ordre sont faits, notamment par André Mbata, Secrétaire permanent de l’Union sacrée (USN), Augustin Kabuya ou encore Vital Kamerhe, tous membres du présidium de l’USN. Mais sans succès.

Sur le terrain, c’est la désillusion pour le Président Tshisekedi, à longueur de rassemblements. Dans le Kongo central et dans le Maniema, où il a débuté sa tournée, ça a été un coup de tonnerre ! Entre chants hostiles (« Rendez-nous notre argent de RAM » ou « Que le dollar baisse » ou encore « voleur ! ») et faible mobilisation !

Le bilan dont ses partisans s’étaient vanté est apparu soudain comme un mirage, et son discours comme n’ayant aucune prise avec la réalité sur terrain. Plusieurs fois interrompu, parfois conspué comme à Kindu, dans le Maniema, ou à Gemena et Lisala, dans le Grand Équateur. C’est un Tshisekedi fébrile, au discours hésitant et physiquement épuisé. En dépit de sa mesure phare de la gratuité de l’enseignement de base et son programme dit de 145 territoires, et ses attaques à l’endroit de son principal challenger Moïse Katumbi qu’il qualifie de « candidat de l’étranger » ou « candidat des occidentaux », son discours ne convainc pas. Il fait face à la hausse des prix et du taux de change dont se plaint la population sur de nombreuses vidéos.


La Percée de Moïse katumbi

Dès le dimanche 19 novembre, et comme il fallait s’y attendre, le duel s’est dessiné. Ça se joue entre Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi. Les autres candidats sont en berne. Martin Fayulu, le phénomène de l’élection présidentielle de 2018, a beaucoup régressé depuis. Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix, de son côté, s’est lancé finalement après une semaine à traîner le pas. Mais il peine à percer. L’enthousiasme qu’il a provoqué au moment de l’annonce de sa candidature s’est estompé. Finalement, Moïse Katumbi, dont on connaissait déjà le poids politique, a émergé comme celui qui est capable de renverser Tshisekedi le 20 décembre prochain. Sa détermination est clairement affichée. Entre son impressionnante logistique de campagne, ses longues marches à pied (7 km en moyenne par ville), drainant des foules immenses jusqu’aux lieux de ses meetings, et ses cartons pleins, Moise Katumbi s’est engagé dans une véritable course de fond et fait preuve d’une endurance physique que tous les autres challengers n’ont pas encore affichée.

A Buta, c’est sous une pluie battante, sur une route boueuse, en terre battue, qu’il s’est offert un long bain de foule sur 7 km à pied. De Kisangani à Kamituga, en passant par Isiro, Goma, Mahagi, Mwange, Bukavu, Kindu, Kalemie, Mbandaka, etc., les Congolais ont assisté à une démonstration de force, des foules en liesses, des cris, des chansons hostiles au pouvoir.


Faut-il craindre un autre hold-up ?

Toutes les analyses objectives convergent, Tshisekedi a perdu des plumes. Il a perdu les deux premiers rounds (semaines 1 & 2), même si sa campagne s’est stabilisé à l’étape du Grand Équateur avant d’être suspendue pour 3 jours par son équipe. Son bilan mitigé ainsi que les affaires dans lesquelles son camp s’est empêtré lui collent à la peau. C’est devenu son vrai adversaire lors des meetings.

La victoire de l’opposition se dessine au regard de tous les sondages. Face à cette évidence, de plus en plus d’observateurs et analystes craignent une volonté d’un passage en force, selon deux scénarios :

1. Simulacre électoral, fraude massive et imposition de Tshisekedi par la force et un plan pour mater tout mouvement de contestation (déploiement de l’armée et répression sur plusieurs jours, coupure d’Internet) ;

2. Compromis à l’africaine en proclamant un autre opposant que le vrai vainqueur et tentative de contrôler l’Assemblée nationale.

Plusieurs sources diplomatiques confirment la possibilité, voire la probabilité de l’un de ces scénarios. Il appartiendra donc au peuple congolais cette fois de ne pas se laisser voler de nouveau, il lui appartiendra de gagner, le 20 décembre prochain, et surtout de protéger sa victoire coûte que coûte. Comme dit l’adage, si le peuple vote, le peuple gagnera !

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