Levée d’un pan du voile sur l’Ituri
- mutambak96
- 26 mars
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Par Me Moïse Nyarugabo Muhizi

Il est répandu dans l’opinion une certaine idée de la crise de l’est de la République Démocratique du Congo. Cette opinion fait passer l’Est pour les deux Kivu au maximum. Et depuis un temps, quand on parle de la crise de l’Est, l’on pense uniquement aux espaces sous contrôle de l’AFC, mouvement politico-militaire qui s’oppose au Gouvernement de Kinshasa. Pourtant, il est des espaces de l’Est, comme la partie du nord de la Province du Nord-Kivu (les territoires de Lubero et Beni) ou se passent des choses que l’intelligence humaine ne peut ni comprendre ni expliquer. De massacres à grande échelle dont la régularité des attaques, le nombre des victimes et la cruauté qui les caractérisent sont inqualifiables. Personne n’en parle ou presque.
Il en est de même de l’Ituri. La Province de l’Ituri fait partie de l’Est de la République. Des drames innommables s’y passent depuis des années. Pour le Gouvernement de Monsieur Tshisekedi et l’opinion qui suit son narratif, tout est calme, tout se passe bien.
La vérité est que la République Démocratique du Congo tout entière est en crise. C’est ainsi qu’à l’Ouest, dans la Province du Maindombe, les Mobondo font rage, ils tuent les Bateke, détruisent les villages jusqu’à la porte de Kinshasa, la capitale. Cette barbarie s’étend désormais aux autres provinces du de l’ancienne Province du Bandundu (Kwango et Kwilu) jusque dans la Commune de Maluku. Toutes les caméras du monde, comme par hasard, ont décidé de se tourner ailleurs.
Que dire de l’Équateur et du Katanga ?
Déjà la gestion de la ville de Kinshasa n’est-ce pas le chaos ? Au-delà des questions liées à la saleté, la poubelle nationale, les embouteillages et d’autres situations comme les inondations, il faut souligner qu’il y a un phénomène des Kuluna couplés aux milices du parti au pouvoir appelées Force du Progrès, qui contrôlent des quartiers entiers de la capitale. Ils font régner leur loi. Ils tuent à la machette, des policiers, des professeurs et tous les autres citoyens en plein jour. Ce n’est plus du banditisme urbain plus ou moins clandestin. L’État a disparu, c’est le sauve qui peut. Mais qui en parle ? Qui fait attention à ça ?
C’est pour cette raison que j’ai décidé de partager mes quelques recherches et informations sur les Mobondo, sur les ADF et le grand Nord ainsi que sur l’Ituri.
Aujourd’hui je commence par l’Ituri.
Que se passe-t-il en Ituri
Je commence par affirmer sans peur d’être contredit que la Province de l’Ituri et la partie nord du Nord-Kivu soit les territoires de Lubero et de Beni avec les villes de Butembo et Beni, ont connu le plus grand nombre de massacres avec le nombre le plus élevé des victimes. Les méthodes des auteurs de ces horreurs, respectivement les Codeco et les Adf sont d’une cruauté inédite. Ils tuent à la machette, à la hache, ils découpent les corps des victimes en morceaux et d’autres pratiques bestiales qu’il n’est pas nécessaire de décrire ici.
S’agissant de l’Ituri, avant de partager quelques données, il convient de rappeler quelques vérités qui rendent la situation encore moins explicable. En effet, l’Ituri est l’une des Provinces sous l’état de siège, avec un gouverneur inamovible, qui exploite l’or et le bois et qui a réussi à allier les Codeco aux Fardc sans arrêter la descente aux enfers. Au contraire.
L’Ituri et l’état de siège.
Depuis le 6/mai/2021, il a été décrété un état de siège pour la province de l’Ituri, comme celle du Nord Kivu. Une mesure exceptionnelle comme pour lutter efficacement contre les groupes armés et ramener la paix la sécurité plus rapidement.
L’administration a été confiée aux militaires. Depuis lors, l’Ituri est dirigé par le tristement célèbre Lieutenant Général Johny Luboya Nkashama. Il va faire bientôt 5 ans que dure l’état de siège. Le Parlement le renouvelle (l’état de siège) chaque 15 jours de manière mécanique sans aucune évaluation même si tout le monde sait qu’il a lamentablement échoué. Au minimum, il a été renouvelé plus de 120 fois. L’insécurité s’est accrue, les groupes armés aussi, ainsi que les massacres et les victimes.
Si la Province du Nord Kivu a connu trois Gouverneurs militaires, l’Ituri n’en a connu que le seul et unique toujours en fonction à ce jour. Et, pour cause ? C’est la deuxième vérité.
L’or et le bois
Des informations crédibles font état d’une exploitation et commerce de l’or et du bois par ces autorités militaires couvertes par l’état de siège. Aucune règle ne s’impose désormais sur elles. Cela n’est un secret pour personne. Il est impossible de contrôler des localités et gisements ou arracher des carrés miniers d’autrui au nom des pouvoirs élargis que lui confère l’état de siège et ceux de son parapluie et espérer garder le sceau du secret. Pour mener à bien cette activité, il fallait s’allier les groupes armés qui contrôlaient déjà plusieurs localités et qui, eux-mêmes, les Codeco exploitaient l’or et le bois.
L’alliance entre les FARDC et les Codeco
Pendant des années, les Forces Armées de la République Démocratique du congo, FARDC, ont combattu les groupes armés, notamment et en particulier les Codeco, en ce qui concerne l’Ituri. S’il a existé des groupes armés avec des objectifs d’auto-défense comme l’Upc, le Zaire, Mapi et dans une certaine mesure la CRP, la Codeco, elle, depuis sa création, visait l’élimination des Bahema
Comme par une baguette magique, le Gouvernement n’a pas trouvé mieux que de s’allier à la Codeco en signant des accords qui intègrent certains de ses éléments dans l’Armée.
Non seulement, la Codeco n’a pas disparu mais aussi et surtout elle n’a pas arrêté avec ces activités macabres. Elle continue à faire des incursions dans les villages Hema et dans les camps des déplacés de ces derniers. Elle opère sans entrave, elle-même ou sous le regard complice des FARDC ses alliées. Mais ça c’était pour le passé. Aujourd’hui, elle opère directement avec les Fardc sans s’en cacher.

L’Ituri et le terrorrisme (Adf et Etat islamique)
L’Ituri est l’une des Provinces où opère un des groupes reconnus comme terroriste sur le plan international. Le groupe ADF qui opérait principalement dans les territoires de Lubero et Beni, en Province du Nord-Kivu, s’est rependu vers le Nord et tue des dizaines des Congolais à chaque coup à Boga, en chefferie de Bahema Boga, à Chabi, en chefferie de Wanyali-Chabi, à Komanda, en chefferie de Basili et dans le secteur de 4 Walese Vonkuntu, tous situés au sud de l’Ituri, frontaliers avec le NordKivu ainsi que dans la forêt du sud de Mambasa.
Lors de l’attaque de la nuit du 11 au 12 mars 2026 à Muchacha en territoire de Mambasa en Ituri, c’est carrément l’État islamique qui a revendiqué. Le gouvernement de Kinshasa se limite à produire un communiqué. Pour dire que ce n’est pas grave. Leur problème c’est l’Afc et le Rwanda leur narratif choisi. Il ne réalise pas que cette montée des Adf et autres groupes de l’État islamique vise à faire jonction avec les autres dans la zone qui fait le triangle frontalier de quatre pays : La Centrafrique, le Soudans du sud, la RDC et l’Uganda. Ce gouvernement dira de toute façon qu’il n’était pas au courant. L’Adf, la Codeco et d’autres groupes du genre n’ont jamais été son problème. Surprenant non ?
Quelques cas de massacres et tuéries en Ituri, liste indicative
Les éléments ci-dessous, sont un tableau indicatif des actions, principalement des codeco et celles des Fardc, contre la population de l’Ituri sur les 4 à 5 dernières années. Je précise encore une fois de plus que cette liste n’est pas exhaustive. Il s’agit des dates, des lieux, des événements, du nombre de victimes, de l’identité des auteurs :
1. Le 12/11/021, 3 personnes sont tuées par les FPIC, dans la concession Basili/Takumara Nduru, groupement Singinini, Collectivité Basili, en Territoire d’Irumu ;
2. Le 15/11/021, 18 personnes sont tuées par les FPIC, à Kyabusiku, groupement Rwampara, Chefferie Bahema d’Irumu, Territoire d’Irumu ;
3. Le 21/11/021, 19 personnes sont tuées par les Codeco, au site de déplacés Djangu/Ivo, village Masangu, en territoire de Djugu ;
4. Le 02/02/022, 62 personnes tuées et 40 autres blessées par les Codeco, au Site de déplacés Plaine Savo, Groupement Nglee, Chefferie Bahema Badjere, en Territoire de Djugu ;
5. Le 08/05/022, 80 personnes sont tuées par les Codeco et 5 portées disparus au Camp Blackett, Chefferie Bahema Badjere, en Territoire de Djugu ;
6. Le 09/05/022, 15 personnes sont tuées par les Codeco, au Site de déplacés Lodda, en Territoire de Djugu ;
7. Le 09/09/022, 40 personnes sont tuées par les Codeco, au Centre de Mbidjo, Chefferie Bahema Nord, en territoire de Djugu ;
8. Le 19/01/023, 12 personnes sont tuées au Site de déplacés Plaine Savo, Chefferie Bahema Badjere, en Territoire de Djugu ;
9. Le 16/02/024, 15 personnes tuées (enterrées vivantes) et 13 portées disparues, par les Codeco et Les Fardc, au Site de Tali Singo, Groupement Nglee, Chefferie Bahema Badjere, en Territoire de Djugu ;
10. Le 18/05/024, 8 personnes sont tuées par les Codeco, dans les villages Petsi & Musaba, Collectivité Banyali Kilo, en Territoire de Djugu ;
11. Le 12/06/024, 46 personnes tuées par les Codeco, au Site de déplacés Lala, Groupement Nglee, Chefferie Bahema Badjere, en Territoire de Djugu ;
12. Le 21/06/024, 23 personnes tuées par les Codeco avec les Fardc, dans les villages Lodjo, Dubele, Mangala, Mbianda, Ngalai, Ariwara, Groupement Agonema, Collectivité /Secteur de Banyali Kilo, en Territoire de Djugu ;
13. Le 10/02/025, 1 personne est tuée, 10 autres blessées, au Site de déplacés de Djaiba, Groupement Djaiba, Chefferie Bahema Badjere, en Territoire de Djugu ;
14. Le 12/02/025, 8 personnes sont tuées toujours dans le Site de déplacés de Djaiba, Groupement Djaiba, Chefferie Bahema Badjere, Djugu ;
15. Le 03/05/025, une femme et une fillette sont grièvement blessées par balles et à la machette par des Codeco, dans la localité de Landjo, près de Fataki ;
16. Le 09/05/025, 1 femme tuée par les Codeco, au village Nganja, Groupement Luvangire, Chefferie Bahema Nord, en Territoire de Djugu ;
17. Le 10/05/025, 52 personnes tuées au même Site de déplacés de Djaiba, Groupement Djaiba, Chefferie Bahema Badjere en Territoire de Djugu ;
18. Le 12/05/025, 3 personnes kidnappées sans suite par les Codeko, à Bandini, près du Camp Blackett, Groupement Mubilindeyi, Secteur Banyali Kilo, en Territoire de Djugu ;
19. Le 13/05/025, 4 personnes sont tuées par les Codeco à Berunda, Groupement Ngazba, Chefferie Bahema Nord, en Territoire de Djugu ;
20. Le 14/05/025, 1 personne est tuée, 3 portées disparues et des biens pillées par les Codeco, au site de déplacés de Tsupa, village Linge, Chefferie Bahema Badjere, en Territoire de Djugu ;
21. Le 17/05/025, 4 éleveurs sont tués par des Codeco venus du Secteur des Walendu Tatsi. Ils ont pris plus de 100 chèvres à Duma Drodro et Dhessa Largu, Groupement Buku, Chefferie Bahema Nord, en Territoire de Djugu ;
22. Le 22/05/025, 2 déplacés sont tués et plusieurs biens pillés par les Codeco, au village Maze, Groupement Utcha, Chefferie de Bahema Nord, en Territoire de Djugu ;
23. Le 28/05/025, 40 vaches appartenant à Monsieur Murogo sont razziées, au village Kakoko, Groupement Tambaki, Chefferie Bahema Banywagi, en Territoire de …. Un cas parmi les milliers au cours desquels des cheptels entiers ont été razziés ;
24. Le 30/05/025, un véhicule de transport est attaqué par des Codeco, dans la localité Masumbuko, il y a eu plusieurs victimes ;
25. Le 07/06/025, 6 personnes sont tuées à Tsotso aux environs de Lopa, Groupement de Lopa, Chefferie Bahema Baguru, en territoire de Djugu ;
26. Le 13/06/025, plusieurs personnes sont tuées par des Codeco, à Kapdole, Groupement de Lopa, Chefferie Bahema Nord en Territoite de Djugu ;
27. Le 14/06/025, 1 une femme déplacée du Site Rho est capturée et exécutée au champ par les Codeco, au village Reta, Groupement Baku, Chefferie Bahema Nord, en Territoire de Djugu ;
28. Le 16/06/025, 3 personnes sont tuées par les Codeco, au village Baimani, Collectivité Mambisa, Territoire de Djugu ;

29. Le 20/06/025, 2 personnes tuées par les Codeco, à Gudda, Groupement Bulo, Collectivité de Ndoo Kebu, Territoire de Djugu. Ces Codeco venaient de Walendu Djasi ;
30. Le 26/06/025, 1 déplacé qui venait du champ tombé dans l’embuscade des Codeco est tué au niveau de la rivière Tse, en Chefferie de Bahema Nord, Territoire de Djugu ;
31. Le 27/06/025, 11 personnes sont tuées et 14 sont blessées lors d’une attaque des Codeco au Site de déplacés de Djangi, groupement Baku, Bahema Nord, Djugu ;
32. Le même 27/06/025, 10 personnes tuées, 11 autres blessées à Drodro, dans le groupement Baku, en chefferie de Bahema Nord/Djugu ;
33. Le 30/06/025, Une déplacée du Site Rho est tuée et 3 personnes kidnappées par les Codeco, dans la localité de Lingo, Groupement Buku, Chefferie Bahema Nord, Territoire de Djugu ;
34. Le 07/07/025, plus de 10 hectares des champs des déplacés du Site Rho sont vandalisés et détruits à la machette par les Codeco, dans le Groupement Buku, Chefferie Bahema Nord, Territoire de Djugu ;
35. Le 10/07/025, 3 personnes tuées et pillage systématique y compris la destruction du centre de santé de la localité Dii Nyau, Songa Gbi, au littoral du la Albert, Groupement Lossandrema, Chefferie Bahema Nord/Djugu ;
36. Le 14/07/025, 4 personnes tuées et 2 blessées, lorsque les Codeco ont attaqué le site de déplacés de Tse, groupement Lossandrema, Bahema Nord, Djugu ;
37. Le 16/07/025 au 18/07/025, 13 personnes tuées, 39 boutiques pillées, 2 femmes violées, plusieurs personnes blessées, 7 personnes enlevées, par les Codeco, dans les localités de Landa, Lindji, Iga Barrière et Lopa, dans la Chefferie de Bahema Baguru, Territoire de Djugu ;
38. Du 16 au 18/07/025, 3 personnes sont tuées et 21 blessées, au village Ceca 20, par les Codeco avec l’appui des FARDC ;
39. Le 20/07/026, enlèvement du Président du Site de déplacés de Nyamusasi et pillage systématique du Site par les Fardc, dans la chefferie Bahema Banywagi, en Territoire de Djugu ;
40. Le 21/07/025, 3 personnes tuées par les Codeco, lors de leur incursion dans les villages Lopa, Nizi. Pillage des vaches, des églises, etc ;
41. Le 21/07/025 encore, 17 personnes tuées et 4 blessées par les Codeco à Nizi, dans le groupement Taratibo, Chefferie Mambisa, en Territoire de Djugu ;
42. Encore le 21/07/025, un avion du Gouvernement a bombardé la population dans les champs faisant beaucoup de blessés, au village Tse, Groupement Lossandrema, Chefferie Bahema Nord, / Djugu ;
43. Le 25/07/025, plusieurs villages pillés par les Codeco, des routes barricadées, à Dhera et à Pimbo, Groupement Pimbo, Secteur Walendu-Djatsi/ Djugu ;
44. Le 30/07/025, 2 personnes tuées lors de l’attaque du village Tsotso par les Codeco, Groupement Lopa, Chefferie Bahema Nord, Djugu ;
45. Le même 30/07/025, un jeune pêcheur est tué par un militaire Fardc à Tchomia, dans la Chefferie de Bahema Banywagi, en Territoire de Djugu ;
46. Le 01/08/2025, une femme est kidnappée et les villages pillés sur la RN27 ;
47. Le 02/08/025, 3 personnes tuées et une maman énlevée par les cedeco lors de leur incursion au village de Filio, Groupement Stendeyi, Secteur Banyali-Kilo, en Territoire de Djugu ;
48. Le 04/08/025, 9 personnes tuées, plusieurs autres blessées, des maisons incendiées. Des motos et d’autres biens emportés, par les Codeco, lors de leur incursion dans les villages Tsotso, Balabala, Ngaju, Jiwi et Lidha, Groupements de Lopa et Lingo, en Chefferie de Bahema Baguru, Territoire de Djugu ;
49. Le même 04/08/025, 1 personne tuée, plusieurs biens pillés par les Codeco, au village Jiji, Groupement Mulabo, Chefferie Bahema Nord, Territoire de Djugu ;
50. Toujours le 04/08/025, 4 personnes tuées par les FARDC et 1 personne portée disparu, lors d’une prétendue patrouille des FARDC à Nizi,, Collectivité de Mambisa, Territoire de Djugu ;
51. Le 08/08/025, 3 femmes, dont l’une attendait famille, sont tuées par un militaire FARDC, au village Mita, Groupement Tchomia, Chefferie Bahema Banywagi, Territoire de Djugu ;
52. Le 10/08/025, 6 personnes sont tuées, 4 blessées, des maisons incendiées et un pillage systématique lors d’une attaque des Codeco, au village Jina, Groupement Jako Ndahora, Chefferie Bahema Baguru, Territoire de Djugu ;

53. Le 11/08/025, razzia d’une centaine de vaches, à Bule, dans le groupement Nglee, en Chefferie de Bahema Badjere/Djugu ;
54. Le 12/08/025, 1 déplacé du Site Tse est tué par les FARDC, une centaine de personnes arrêtées, plusieurs femmes violées, au centre d’Iga Barrière, Chefferie Bahema Baguru, Territoire de Djugu ;
55. Le même 12/08/025, bombardements par les FARDC sur des maisons des civils à Iga Barrière, faisant plusieurs blessés, suivis du pillage à Iga Barrière, Bahema Baguru, Djugu ;
56. Le 13/08/025, 19 personnes tuées, 14 blessées à Iga Barrière encore, à la suite des bombardements effectués par les FARDC sur un Site de déplacés, des maisons incendiées et plusieurs femmes violées ;
57. Le 13/08/025, le Site de déplacés Tuungane Iga-2 attaqué par les FARDC, 103 jeunes sont arrêtés, seuls 99 sont libérés contre paiement de fortes sommes d’argent, les 5 autres sont portés disparus ;
58. Le 13/08/025 toujours, 1 femme est tuée par les Codeco, les villages Z’plu, Muva, Zachu, du groupement Dirokpa, Bahema Nord, en Territoire de Djugu, sont pillés ;
59. Le 16/08/025, 11 personnes tuées par les Codeco, lors d’une attaque contre les villages Jembo et Mba aux environs de Bule ;
60. Le 16/08/025, les villages suivants sont attaqués par CODECO et FARDC, Lindji Chapel, 4 personnes tuées, Vila God’o, 1 personne tuée, Limbu Malabo, 1 personne tuée et Venir, 4 personnes tuées ;
61. Le 16/08/025, 6 personnes sont tuées par les Codeco et en opération conjointe avec les FARDC, à Bule, dans le groupement Nglee, en Chefferie de Bahema-Badjere/Djugu ;
62. Le 18/08/025, 2 Personnes tuées et 2 blessées, lors d’une attaque du village Penyi/Jina, Groupement Jako Ndahura, Chefferie Bahema Baguru, Djugu, par les Codeco ;
63. Le 20/08/025, 1 enfant de 14 ans est tué et le village Walu, Groupement Dirokpa, Cherrie Bahema Nord, Djugu, est pillé par les Codeco ;
64. Le 23/08/025, 7 personnes sont tuées dont 5 brulées vives dans leur case et 2 tuées à la machette, au village Gudda, Groupement Bulo, Chefferie Ndo-Okebo, Territoire de Djugu ;
65. Le 03/10/025, 14 personnes sont tuées au site de déplacés de Rho lords d’une attaque des Codeco au village Lera, Bahema Nord, Djugu ;
66. Le 16/01/026, 10 personnes tuées par les bombardements des FARDC à Bule, Groupement Nglee, Collectivité Bahema Badjere, Djugu ;
67. Le 27/01/026, 6 personnes tuées et plusieurs blessées par les FARDC, à Iga Barrière, Chefferie Bahema Baguru, en Territoire de Djugu ;
68. Le 31/01/026, Une femme violée puis fusillée, grièvement blessée par les FARDC à Mont, au centre Bule, dans le groupement Nglee, en Chefferie de Bahema Badjere, Territoire de Djugu, par les FARDC ;
69. Le 02/02/026, 1 femme enceinte victime des violences sexuelles de la part des éléments FARDC, à Djaiba, Chefferie Bahema Badjere, Djugu ;
70. Le 05/02/026, 1 personne assassinée par les FARDC, à Nglee, Chefferie Bahema Badjere, en Territoire de Djugu ;
71. Le 07/02/026, 1 personne est tuée, par les bombardements des FARDC, à Bule centre, Chefferie Bahema Badjere, Djugu. 7 personnes ont été blessées notamment des élèves entre 9 et 19 ans ;
72. Le 07/02/026 encore, 7 personnes tuées par les bombardements des FARDC dans une zone densément habitée au centre de Bule, Groupement Nglee, Bahema Badjere en Territoire de Djugu ;
73. Le 07/02/026 encore, 8 personnes sont tuées par les FARDC, à Tchamsa, Groupement Djaiba, Chefferie Bahema Badjere, Djugu ;
74. Le 10/02/026, une jeune fille de 16 ans est violée puis assassinée et son père sauvagement exécuté par des éléments FARDC, au Site de déplacés de Dudu, localité Tsukpa, Groupement Jaiba, Chefferie de Bahema Badjere, Territoire de Djugu ;
75. Le 12/02/026, 2 personnes tuées par les FARDC à Dalu, Groupement Mange, Collectivité Mambisa, Territoire de Djugu ;
76. Le 13/02/026, 1 personne tuée par les FARDC, à la colline Pili, Groupement Nglee, Chefferie Bahema Badjere, Territoire de Djugu ;
77. Le 13/02/026, une femme violée par les Fardc, à Londinga/ Bule, groupement Nglee, Chefferie Bahema-Badjere en Territoire de Djugu ;
78. Le 24/02/026, une personne tuée par balles des FARDC au site de déplacés de la plaine Savo, groupement Nglee, Chefferie BahemaBadjere en Territoirede Djugu ;
79. Le 11 mars 2026, plus de 25 personnes tuées par les Codeco avec les FARDC au village et groupement de Dhendro, Chefferie de Bahema Nord en territoire de Djugu ;
Cette liste élaborée à titre indicatif donne déjà 554 personnes tuées sans compter des cas repris mais dont les bilans n’ont pas été déterminés, sans compter non plus le nombre de blessés et de personnes kidnappées ou disparues. Personne ne dénonce, un silence assourdissant.
L’Ituri et le plus grand nombre de sites des déplacés internes
L’Ituri est la Province qui compte le plus grand nombre de sites de déplacés en République Démocratique du Congo. Je donne ici juste 66 sites répartis dans quatre territoires : Djugu, Irumu, Mahagi et Mambasa.
a. 47 sites en seul territoire de Djugu :
1. Djaiba en territoire de Djuba, 2. Loda, 3. Fataki, 4. Toba, 5. Kpawa, 6. Lokpa 1, 7. Lokpa 2, 8. Nizi, 9. Drodro, 10. Rho, 11. Reta, 12. Longa, 13. Linga, 14. Mangala, 15. Kilo, 16. Bambu, 17. Lita, 18. Salama, 19. Lakpa, 20. Lumalisa, 21. Nyamusasi1, 22. Nyamusasi2, 23. Tchomia, 24. Mongbwalu, 25. Rethy, 26. Rethy Mission, 27. Jiba, 28. Bule-Lala, 29. Bule-Ngupu, 30. Bule-Tshukpa, 31. Bule-Plaina Savo, 32. Institut Iga, 33. Ep Iga, 34. EP Tuungane, 35. Damas, 36. Lindji, 37. Lindji2, 38. Lindji3, 39. Dodo1, 40. Dodo3, 41. Mbudu, 42. Banga, 43. Tse, 44.Kpangba Venyo, 45. Limbu, 46. Sombe, 47. Hungbe.
b. 8 sites en territoires d’Irumu :
48.Kasenyi, 49. Seca 20-Kasenyi, 50. Nyamavi, 51. Komanda, 52. Komanda Base, 53. Boga, 54. Tsere, 55. Sililo.
c. 7 sites en territoire de Mahagi :
56. Luga, 57. Mahagi centre, 58. Sii Rejisco, 59. Rimba, 60. Lugo, 61. Leku, 62. Jagi.
d. 4 sites en territoire de Mambasa :
63. Lolwa, 64. Mambasa centre, 65. Mandima, 66. Bahaha.
Il y a lieu de se poser quelques questions. Le gouvernement de Kinshasa qui crie au sujet de la situation humanitaire dans les Kivu est-il au courant de l’existence de ces camps de déplacés dans l’Ituri et qui durent depuis des années ? Qu’a-t-il déjà fait ? Les organisations internationales et nationales ainsi que certains gouvernements qui s’intéressent à la situation humanitaire de l’Est dont l’Union Européenne, où sont-ils ? Pourquoi il n’y a pas d’aide humanitaire en faveur de ces sites et ces populations ? Aucune mobilisation à ce sujet. Pourtant, l’aéroport de Bunia n’est pas fermé.
Pourtant, les Nations Unies sont présentes en Ituri, notamment la Monusco. Où sont passés les experts des Nations Unies et tous les autres spécialistes de l’Est ? Pourtant, il y a des politiciens de l’Ituri qui continuent à chanter à la gloire de leur roi soleil.
L’Ituri doit être libéré de ces tueurs. Les Ituriens ont droit à la vie et à l’aide humanitaire. Les massacres de l’Ituri doivent s’arrêter, l’hypocrisie et la manipulation aussi ! L’entièreté du voile sur l’Ituri doit être levée et la vérité doit être révélée, dite et connue.
Fait à Goma le 16 mars 2026




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