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  • mutambak96

Les provinces du Haut Katanga et du Lualaba saignées par les affrètements d’avions privés

Au pays de Patrice Lumumba, Laurent Kabila et Etienne Tshisekedi, depuis l’arrivée au pouvoir de Félix

Tshisekedi, le train de vie des dirigeants a pris des proportions hors normes. la devise « Le peuple d’abord » est devenue la risée de tout le monde quand les Congolais ne la tournent pas tout simplement en dérision en voyant les grosses cylindrées, les montres de luxe et les costumes hors de prix des hommes au pouvoir. Parmi les nouveaux signes extérieurs de richesse, les nouveaux dirigeants congolais prisent désormais l’utilisation des jets privés. Pour un oui ou pour un non, les hommes et les femmes du Président délaissent les lignes régulières pour affréter des avions à des tarifs exorbitants.

Depuis l’accession au pouvoir de Félix Tshisekedi, les compagnies aériennes font de très bonnes affaires en RDCongo. Pour les conseillers du président congolais, les membres de sa famille, ses proches et les gouverneurs du Haut Katanga et du Lualaba, l’usage du jet privé est devenu tristement banal.

Golfstream, Falcon, Challenger tous ces appareils n’ont plus de secrets pour les ambassadeurs itinérants, les conseillers spéciaux, les frères et amis ou encore les gouverneurs du Haut Katanga ou du Lualaba. Désormais entre eux, les discussions sont tournées vers la comparaison des sièges en cuir, la qualité de la marqueterie, l’acoustique, la finesse des dorures quand ce n’est pas le confort des couchettes et des toilettes.




En RDCongo quand on descend les pieds sur terre, on est vite rattrapé par la réalité. Si un aller-retour entre Lubumbashi et Kinshasa revient entre 40 à 50.000 USD, un aller-retour entre la capitale et Kolwezi dépasse 50.000 USD. Ainsi, la province du Haut Katanga en est pour 8 millions USD, tandis que celle du Lualaba pour 10 millions USD. A elles deux, ces deux provinces cuprifères ont consommé hors budget en trois années la somme astronomique de 18 millions USD pour le plaisir, le confort et les aises de ses dirigeants. C’est à une véritable saignée des finances des deux provinces à laquelle les Katangais assistent médusés.


Que fait l'IGF ?

Or, aux termes des prescrits de la loi, les gouverneurs de provinces n’ont pas le droit d’affréter des avions pour leur déplacement. Ils ont le devoir d’utiliser des lignes régulières. C’est là où le bât blesse ! Que fait donc l’Inspection Générale des Finances qui se vante de vouloir restaurer l’orthodoxie financière et lutter contre les détournements de l’argent de l’Etat. Si rien n’interdit à une gouverneur de prendre les moyens de transports de son choix, s’il veut utiliser un jet, il doit le faire avec son argent personnel. Par contre, l’argent des contribuables congolais ne peut être utilisé à louer des jets pour aller se pavaner dans le monde entier.

La contrepartie chiffrée des dépenses d’affrètements d’avions de Jacques Kyabula et Fifi Masuka laisse les Katangais pantois et en colère. Si le coût de construction des écoles revient à 450 USD/m2, c’est bien 40.000 m2 de bâtiments scolaires qui ont été engloutis par les affrètements des jets entre le Katanga, Kinshasa et l’étranger. Cela représente 330 écoles flambant neuves qui auraient pu accueillir les élèves de deux provinces.

En lieu et place de donner aux enfants du Katanga l’accès à une scolarité dans de bonnes conditions, Jacques Kyabula et Fifi Masuka font désormais le choix des champagnes rares, des vins précieux, des repas gastronomiques dans des fauteuils en cuir à 10.000 mètres au-dessus de la pauvreté la plus révoltante.


Si vous osez évoquer devant les nouveaux dignitaires de la République qui vivent dans l’opulence et le déni de la situation catastrophique dans laquelle survivent les ménages congolais dans un pays où 27% de la population souffre de la faim, votre indignation et la nécessité de réduire le train de vie de l’Etat, c’est tout juste si vous ne serez pas pris pour un étranger débarqué de la planète mars ! Il est vrai qu’à 10.000 mètres d’altitude, on ne voit plus la misère, on ne sent plus ni la pauvreté, ni la faim, on oublie l’état des routes et les délestages d’eau et d’électricité.

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