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  • Photo du rédacteurmutambak96

Félix Tshisekedi ou la transformation du bon élève en maître-chanteur


Après avoir avalisé la fraude électorale massive qui a permis à Félix Tshisekedi de décrocher un second mandat, les capitales occidentales ne savent plus à quel saint se vouer. Washington, Paris et Bruxelles constatent qu'à l'issue des élections de décembre 2023, leurs félicitations précipitées au nouveau maître du Congo n'auront été d'aucune utilité. Kinshasa a résolument basculé dans une parfaite lune de miel avec Pékin qui a offert dans la corbeille de la mariée un pactole financier issu de la révision du contrat chinois.


Plus de 7 milliards USD officiellement ont été accordés par la Chine dans la renégociation des réserves de cuivre. Ce montant ne serait qu'une partie de la valorisation du manque à gagner. Les dessous de table accordés par Pékin à Félix Tshisekedi s'élèveraient à près d'un milliard USD qui sont logés en partie en Chine et dans les comptes off-shore au Moyen Orient. Les Occidentaux se retrouvent donc gros-Jean comme devant. En dépit des visites répétées de Lucy Tamlin, l'ambassadeur des USA à Kinshasa et des diplomaties européens au maître de Kinshasa, l'irrésistible transformation du bon élève Tshisekedi en maître-chanteur devient une évidence.


Instrumentalisation de la population

Après une campagne électorale populiste basée sur le rejet et la stigmatisation du candidat de l'étranger, le régime Tshisekedi nourrit un front anti-occidental pour masquer son incapacité militaire à faire face au M23, ses tricheries électorales et ses détournements financiers massifs. En réalité, Félix Tshisekedi a vu l'énorme dividende qu'il pouvait tirer de l'hostilité des Congolais à l'endroit de Washington, Paris et Bruxelles, perçus comme les alliés objectifs de l'agresseur Rwandais.


Tirant les enseignements de la vague anti-française qui a vu l'ancienne métropole se retirer de la Guinée, du Mali, de Burkina et du Niger, Félix Tshisekedi a décidé de jouer sa carte en montant en épingle la volonté des capitales occidentales de chercher une solution à la guerre à l'Est par la négociation et l'application des accords de Luanda et de Naïrobi. Sans l'ombre d'une hésitation, Kinshasa a mis en place une stratégie pour se défausser sur une pseudo-volonté populaire congolaise à rejeter le diktat des Occidentaux.


Au cours des 10, 12 et 13 février derniers, la capitale congolaise a été la proie de violences exercées contre les représentations diplomatiques et les étrangers vivant à Kinshasa de la part de la milice du parti présidentiel, UDPS, aux ordres de Félix Tshisekedi. Selon Fred Bauma, activiste de Lucha, fraîchement sorti de prison suite à une manifestation organisée pour dénoncer les violences à l'Est du pays, "ces nouveaux mouvements citoyens - pour citer le ministre Peter Kazadi - wewaisés s'attaquent non seulement aux ambassades étrangères mais également à tout ce qui n'est pas Congolais à leur goût, business indiens, libanais, drapeaux étrangers, etc."


Les huit faucons repérés par les Américains

Une note interne des services américains identifie clairement les faucons du régime qui ont mis en scène la levée soudaine de l'ultra-nationalisme congolais. Tous sont des proches du président Félix Tshisekedi. Il s'agit de Peter Kazadi, le Vice-Premier Ministre de l'Intérieur, Daniel Lusadisu, l'administrateur général de l'ANR, de Franck Ntumba, le chef de la Maison Militaire du Chef de l'Etat, de Christian Ndaywel, le patron du renseignement militaire, de Jacques Tshisekedi, le frère du président en charge de la sécurité présidentielle, de Serge Tshibangu, l'envoyé spécial du Chef de l'Etat, d'Augustin Kabuya, le Secrétaire Général de l'UDPS, et de Mulumba Gecoco, le Vice-Gouverneur de Kinshasa. Si ces huits salopards agissent en première ligne, en back office, le ministre des Affaires Etrangères, Christophe Lutundula, et celui de la communication Patrick Muyaya, assurent le service après-vente.


Ces hommes sont connus pour un extrémisme radical. Leur mission consiste à écarter tous les éléments gênant une prise de contrôle totale et sans partage de l'Etat congolais et de ses ressources. Cette stratégie passe par la neutralisation des forces de l'opposition. Leur première cible est Moïse Katumbi, suivi de l'ancien président Joseph Kabila. Cette hostilité marquée du régime à l'endroit de l'ancien Chef de l'Etat et de l'ancien gouverneur du Katanga a réveillé un nationalisme katangais qui ne rêve que d'en découdre avec les Kasaïens qui pillent les richesses minières du Katanga.


Le monde occidental n'a aucune envie d'un nouveau conflit en Afrique. Les 19 et 20 novembre derniers, la visite de la directrice du renseignement Mme Avril Haines en RDCongo et au Rwanda s'était soldée par une désascalade dans le Nord Kivu. Le 25 janvier, la rencontre à Luanda entre le Secrétaire d'Etat Antony Blinken et le président angolais Joao Lourenço avait entre autres à l'agenda la relance du processus de Luanda et la reprise du dialogue entre Tshisekedi et le M23. Le rendez-vous a surtout été marqué par les doutes formulés par les autorités angolaises sur la volonté de Kinshasa de renoncer à la guerre contre le Rwanda.

La Belgique a aussi tenté, maladroitement, de faire entendre raison à son poulain. La ministre des Affaires Etrangères Hadja Lahbib considère que "la solution militaire dans l'Est est une illusion". Le 9 février dernier, la cheffe de la diplomatie belge appelait benoîtement les groupes armés à mettre un terme à la violence et au gouvernement congolais à cesser sa collaboration avec les extrémistes hutus rwandais FDLR et toutes les parties à reprendre les efforts diplomatiques.


A mesure que le M23 avance et menace d'occuper les villes de Goma et de Bukavu, des voix se font entendre au sein de la Société Civile. "Il est temps que la communauté internationale tire les leçons du gaspillage électoral de décembre 2023 pour considérer que la République Démocratique du Congo est victime d'n club de mafieux qui s'est imposé sur les brisures ethniques et électorales", dit Simaro Ngongo du Case, expert électoral et président du Case, un ONG reconnue en RDCongo. L'arrestation des militants de Lucha, Fred Bauma et Bienvenu Matumo a exacerbé le sentiment de rejet du pouvoir assimilé à un régime autoritaire agressif.


"Une seule tribu veut coloniser toutes les autres. Tant que l'oligarchie au pouvoir à Kinshasa continuera à faire la sourde oreille aux appels à la négociation de la communauté internationale et à s'appuyer sur les armées étrangères pour endiguer la progression de la rébellion, il n'y aura aucune solution autre qu'une destinée tragique comparable à celles du président Mobutu ou pire de son successeur Laurent Kabila", affirme un finaliste de l'UNIKIN. Quel que soit l'entêtement de Félix Tshisekedi, le dialogue demeure la seule voie de paix durable. Face à l'opposition armée de Corneille Nangaa et du M23, des FCC de Joseph Kabila qui refusent de reconnaître les institutions issues des élections frauduleuses, et de Moïse Katumbi qui appelle à de nouvelles élections, le plébiscite supposé de Félix Tshisekedi et sa majorité parlementaire écrasante semble un bouclier bien peu efficace.

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