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  • Photo du rédacteurmutambak96

Félix Tshisekedi, dans les cordes, se prépare au glissement

Dernière mise à jour : 5 juil. 2023


A quelques jours de la clôture de la période du dépôt des listes des candidats aux élections législatives de décembre prochain, les violons ne s’accordent toujours pas entre la CENI et l’opposition. Des doutes de plus en plus graves planent sur la tenue des élections générales dans les délais du 20 décembre. On semble lentement et sûrement s’acheminer vers un glissement et un report des échéances.


Toute tendance confondue, l’opposition appelle à un audit du fichier électoral par une organisation indépendante et crédible, la recomposition de la CENI et de la Cour Constitutionnelle et la transparence sur le financement des opérations. L’ancien Premier Ministre Muzito exige l’enrôlement des électeurs des territoires de Kwamouth, Rutshuru et Masisi dont les populations sont confrontées au défi sécuritaire. Faute d’intégrer ces centaines de milliers d’électeurs, Adolphe Muzito considère que les élections consacreront la balkanisation du pays.

Du côté de Joseph Kabila, on navigue entre le silence et le boycott. La sénatrice Francine Muyumba appelle à la démission de Tshisekedi. En exigeant la révision de la loi électorale pour plus d’inclusivité, les FCC ne désespèrent pas d’imposer la candidature de Joseph Kabila. «Nous rappelons tout d’abord que le délai constitutionnel est non négociable, si le président Tshisekedi ne parvient pas à rencontrer nos exigences avant la fin de ce mandat, il devra assumer ses erreurs en déposant sa démission à l’expiration de son mandat. Voilà pourquoi le Président du sénat aura la charge de gérer la transition jusqu’à la tenue des élections réellement libres, crédibles et démocratiques et surtout transparentes», affirme la sénatrice.

Dans le camp présidentiel, les faucons conduits par le Vice-Premier Ministre de l’Intérieur Peter Kazadi sont à pied d’œuvre. Après avoir orchestré les arrestations de Mike Mukebayi, le 21 mai, de Salomon Kalonda, le 30 mai, et de Franck Diongo, le 20 juin, Peter Kazadi et les généraux Ndaywell et Ntumba sont déterminés à rapporter à Félix Tshisekedi la tête de Moïse Katumbi. Les services de sécurité sont à la recherche du moindre indice permettant de mettre en accusation l’ancien gouverneur du Katanga pour l’empêcher de déposer sa candidature à la prochaine présidentielle.


Le danger s'appelle Katumbi

Du côté du parti présidentiel, Augustin Kabuya, son secrétaire général, tient la dragée haute au Vice-Premier Ministre de l’Intérieur dans la traque de Moïse Katumbi. Les deux hommes ont conscience que leur avenir est conditionné par la neutralisation du chef de file de l’opposition. Au cours d’une matinée politique tenue le mercredi 7 juin, Augustin Kabuya avait présenté Moïse Katumbi comme « un danger pour le régime du Président Tshisekedi ».

Le 27 juin, le même Kabuya, décidément en verve, remettait le couvert avec son tact habituel, en déclarant dans un meeting que « à cause de ce qu’il fait, Katumbi sera maudit jusqu’à la 3ème génération. Il ne se rend pas compte de ce qu’il est en train de faire».

Il faut dire qu’entretemps, la situation s’est largement dégradée entre l’Eglise et le parti présidentiel. Le dimanche 18 juin, les Princes de l’Eglise catholiques étaient victimes d’actes de violence et d’intimidation lors de leur visite pastorale à Kasumbalesa de la part d’extrémistes de l’UDPS, le parti présidentiel. Réunis du 19 au 22 juin à Lubumbashi pour leur 60e assemblée plénière ordinaire, les Evêques regrettaient «un recul déplorable caractérisé par la répression violente des manifestations de l’opposition, la restriction de la liberté de mouvement des opposants, des tentatives des projets de lois discriminatoires, l’instrumentalisation de la justice et les arrestations arbitraires». Ils dénonçaient l’intolérance des fanatiques politiques, qui n’admettent pas de position contraire et s’attaquent violemment à ceux qu’ils considèrent comme ennemis.


Tshisekedi dérape à Mbuji Mayi...

Quelques jours plus tard, le dimanche 25 juin 2023, à Mbuji Mayi, au Kasaï-Oriental, devant plus de 40.000 personnes réunies au Stade Kashala Bonzola pour la messe jubilaire de Mgr Bernard Kasanda, Félix Antoine Tshisekedi adressait une mise en garde sévère aux princes de l’Eglise qui, selon lui, mettraient la stabilité du pays en péril. Dans un élan passionné, le Chef de l’Etat congolais affirmait qu’il allait s’attaquer « sans hésitation, sans remords à tout Congolais qui mettrait en danger la sécurité et la stabilité de notre Pays. Peu importe ce qu'on en dira, violation de droits de l'homme, privation de liberté ».


... Et se fait humilier à Kinshasa

Fort du soutien des Eglises du réveil qui fleurissent dans le pays, Félix Tshisekedi défiait les Evêques en décidant d’organiser le 30 juin une grande matinée de prière au stade des Martyrs à Lingwala. Hélas, alors que dix jours auparavant, plus de 120.000 Kinois s’étaient déplacés pour payer leur entrée au concert de la vedette Ferre Gola, le 30 juin, toutes les travées du stade sont restées désespérément vides. Cuisante humiliation pour une majorité incapable de remplir le stade à deux reprises. Après avoir réservé le 02 février dernier un accueil délirant au Pape François, les Kinois enterraient définitivement les ambitions de Félix Tshisekedi en boudant ostensiblement la sortie de l’Union Sacrée le 29 avril et la journée de prière du 30 juin.


Un boulet nommé Bemba

Dans les laboratoires de la Présidence, les signaux envoyés par la population congolaise ont été bien enregistrés. Et le doute gagne la majorité présidentielle. L’Union Sacrée est à la peine. Même si la présence de JP Bemba, de Vital Kamerhe, de Mbusa Nyamwisi avait tout pour rassurer, la situation sécuritaire et surtout la crise sociale ont tué tout espoir. « Avec son poste, Jean-Pierre Bemba est à nos pieds, mais son apport n’est d’aucune utilité », estime un conseiller qui considère que le Vice-Premier Ministre de la Défense est un boulet au pied de Félix Tshisekedi.

L’édifice actuel de la majorité constitué par l’Union Sacrée risque de ne pas résister longtemps. Faute de pouvoir organiser les élections dans les délais établis par la Constitution, le Chef de l’Etat pourrait être appelé très prochainement à ouvrir des négocations politiques pour l’organisation du glissement. Ces concertations aboutiront inévitablement à un partage du pouvoir avec l’opposition qui lui impute la responsabilité de l’échec et exige sa démission.

« Félix Tshisekedi se prépare au glissement. Il va recourir aux vieilles méthodes pour casser l’opposition», assure un analyste politique qui prédit qu' «un courant d’opposition modérée va bientôt voir le jour pour contrer Moïse Katumbi et Joseph Kabila ».


Tshisekedi cherche opposant docile désespérément

Fort de l’expérience de son prédécesseur, Félix Tshisekedi cherche un opposant accommodant pour diriger le gouvernement d’union nationale issu des négociations.

Des noms circulent dans les salons pour diriger la transition. Si Adolphe Muzito renonce à sa candidature, le beau-père de Patrick Muyaya, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, ferait bien l’affaire. Jean-Claude Vuemba, l’ancien président de l’Assemblée provinciale du Kongo Central, ou Lisanga Bonganga sont également pressentis. Mais face à la situation critique que vit le pays, ils n’ont ni l’expérience ni l’épaisseur pour assumer la fonction. Les proches de Félix Tshisekedi ne désespèrent toujours pas de pêcher un gros poisson de l’opposition. « L’idéal serait de prendre le ministre Christian Mwando ou Olivier Kamitatu, l’ancien président de l’Assemblée avec nous », assure un confident du Chef de l’Etat qui affirme que Félix Tshisekedi rêve toujours d’anéantir définitivement le camp de Moïse Katumbi qui constitue son principal obstacle pour son second mandat.

Cette vaste opération de débauchage révèle une impitoyable guerre d’influence qui fait rage autour du Chef de l’Etat congolais. Celui qui ramènera le gros poisson sera assuré de disposer du soutien de Félix Tshisekedi. Parmi les officines qui se disputent les faveurs du Président de la République se trouvent Guislain Nyembo, le pasteur Olivier Shekina et Dany Banza. Dans ce jeu politique, la famille biologique a également son mot à dire. Denise Nyakeru, Marthe et son fils Jacques Tshisekedi font également partie de ceux qui ont l’oreille du Chef de l’Etat sur le profil du futur locataire de l’hôtel du Gouvernement.


Jeu dangereux pour un président affaibli

Au sein de la population, le ras-le-bol grandit face à l’irresponsabilité des politiciens qui préfèrent engager des discussions sur le partage du pouvoir plutôt que de trouver des solution à la dépréciation de la monnaie, à l’augmentation du prix des denrées de base et à l’insécurité qui gagne désormais tout le pays. Rien n’indique que le jeu de chaises musicales et de débauchage auquel veut se prêter le camp au pouvoir permettra de consolider durablement la position de Félix Tshisekedi qui risque de sortir inévitablement fragilisé voire exsangue d’une négociation avec l’opposition... s’il y survit !

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