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  • Photo du rédacteurmutambak96

Félix Tshisekedi a déjà enterré Jean-Pierre Bemba


Dans le premier cercle présidentiel, la nouvelle tête de turc sur laquelle tout le monde est priée de taper s’appelle Jean-Pierre Bemba, pourtant vice-Premier ministre et Ministre de la Défense du gouvernement Sama II.


« Il fallait être fou ou avoir très faim pour accepter ce poste de ministre de la Défense », s’amuse un proche du président de la République qui parle de « la coquille vide » dont a hérité l’ancien vice-président de la République du temps du 1 + 4. «Il est évident qu’on n’allait pas donner ce ministère à Bemba sans au préalable le vider de son contenu. Bemba est cornaqué par le ministre Nicolas Kazadi aux Finances et le général Ntumba, de la maison militaire. Il a un titre mais aucune marge de manœuvre et il le sait.»

« On n’est pas fou, on n’allait pas donner des allumettes à un pyromane », ajoute un autre tshisekediste, amusé de voir le « Vice-Premier se donner de l’importance alors qu’il n’a qu’un titre sans les attributs. Cela lui permet quand même de faire de beaux voyages en famille comme quand il s’est rendu en mission en Indonésie avec femme et enfants ».

Le clan des métis

Dans les couloirs de la présidence, tout le monde l’accuse d’avoir utilisé sa ministre de l’Environnement pour une interview où elle remet en cause publiquement la victoire de Tshisekedi en 2018. « Bazaïba est en mission commandée. Il ne fait aucun doute que son commanditaire est la seule personne qui puisse lui donner une injonction de ce genre. C’est donc Bemba qui tente de tirer les ficelles pour faire monter la tension. Mais c’est tellement gros que tout le monde a compris son jeu. C’est à l’image de l’homme, complètement dépassé ».


La méfiance vis-à-vis de Bemba découle aussi de ses prétendues bonnes relations avec l’adversaire n°1 désigné par la présidence : Moïse Katumbi. « Le clan des métis », entend-on régulièrement dans les couloirs du pouvoir. « Les deux hommes s’entendent régulièrement, voire tous les jours. Bemba est l’ami de Katumbi et l’ami de notre ennemi ne peut être notre ami », poursuit un des conseillers.


L’ennemi de notre ennemi est notre ami

Partant de ce constat, le clan présidentiel est allé repêcher un « ennmi » juré de Bemba en la personne d’Antoine Ghonda, ancien membre du MLC, ancien ministre des Affaires étrangères, ancien ambassadeur itinérant sous Joseph Kabila, l’homme était très actif aux premières heures des fiançailles Cach – FCC. « Il est doué pour approcher les gens. L’homme du Kongo-Central est faussement discret et modeste, ce qui manque généralement aux Kasaïens du premier cercle du pouvoir », explique un bon connaisseur de la vie politique kinoise qui rappelle que « c’est chez lui, dans son lodge de Mbuela, à proximité du jardin botanique de Kisantu, que se sont négociés les premiers accords entre l’équipe de Tshisekedi et celle de Kabila. Personne n’a oublié les images de Kabund perché tant bien que mal sur un cheval. Il a aussi joué un rôle de facilitateur entre Kabila et Tshisekedi. On se souvient de ce dîner qui devait être discret et qui s’est retrouvé sur les réseaux sociaux où se trouvait le trio mais aussi François Beya ».



Ensuite, Ghonda a passé quelques mois en exil, entre Brazzaville et Luanda. C’est d’ailleurs dans la capitale angolaise que Ghonda a commencé à négocier avec Tshisekedi.

Quelques semaines plus tard, au mois de mai, le fils prodigue retrouvait la capitale congolaise et apparaissait au côté du ministre de l’Intérieur Peter Kazadi. Après quelques missions, notamment à Dubaï, pour montrer sa bonne composition, l’homme a été chargé de débaucher et de semer le trouble dans les camps de Katumbi et de Bemba, un homme qu’il a côtoyé de très près lors de son passage au MLC.


Souvenirs de la CPI

Ghonda a démontré qu’il pouvait être redoutable dans la trahison quand il s’est agi d’aider à charger Bemba devant la Cour Pénale internationale, comme il le fit avec l’aide de Karim Meckassoua, ancien président de l’Assemblée nationale de la Centrafrique qui a aussi occupé différents ministères à Bangui dont les Affaires étrangères.

Toujours selon le fameux adage « les ennemis de mes ennemis sont mes amis », Tshisekedi compte désormais sur Ghonda pour fracturer le camp Bemba. « Tshisekdi a pu voir Ghonda à l’oeuvre. Il sait comment il a pu trahir Bemba sans sourciller. Comment il a déstabilisé Kabila au début des relations entre le FCC et Cach.», poursuit notre observateur.

« Si Ghonda retrouve la lumière, Bemba devra s’éclipser. Ces deux-là ne pourront jamais retravailler ensemble», assure notre témoin, qui conclut : « Tshisekedi en est conscient. Le fait que le président décide de travailler avec Ghonda pour saboter le camp de Bemba montre bien où sont les priorités de la présidence et Bemba n’est plus une priorité maintenant qu’il est devenu un simple pion de la machine de l’Union sacrée. Un pion qui pourra même être sacrifié après les élections du 20 décembre… si elles ont lieu ».

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