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  • Photo du rédacteurmutambak96

Chaos électoral : Washington tente de sauver Félix Tshisekedi


Obsédé par la recherche de sa légitimité, Félix Tshisekedi a pris le risque d'organiser dans la précipitation les plus mauvaises élections que la RDCongo ait jamais connues. En obligeant la CENI à organiser coûte que coûte à l'organisation des élections sans la présence des observateurs de l'Union européenne ni de l'East African Community, le chef de l'Etat congolais a tenté d'arracher enfin la légitimité qui lui a fait défaut tout au long de son premier mandat. Au regard du chaos électoral historique du 20 décembre dernier, ce pari est très loin d'être gagné. En dernière minute, le Chef de l'Etat congolais a dépêché en Europe plusieurs émissaires pour annoncer sa victoire et tester la réaction des partenaires. Après avoir évité la présence encombrante des observateurs de l'Union européenne, l'accueil européen est réservé. Reste le Département d'Etat américain qui tente encore de convaincre les Congolais d'accepter le résultat des urnes en dépit du chaos électoral dénoncé par la presse internationale.


"Les élections sont à refaire, on fait comme si on n'existait pas dans ce pays. Les élections ne comptent pas. Tout est à refaire", crie André, un étudiant de Kinshasa. "Nous n'accepterons jamais ces résultats. Ils proviennent de la fraude", hurle Antoinette, une activiste des droits de l'homme qui affirme que ce qui vient de se passer en RDCongo ne sont pas des élections.


"Vu la manière dont tout cela a été organisé, avec tout l'argent dépensé, c'est un manque de respect total pour le peuple congolais", affirme Germain, un retraité de la CNSS, la caisse de sécurité sociale. Plus d'un milliard de dollars ont été dépensé par la CENI dans la plus totale opacité. Les centaines de milliers de Congolais alignés pendant des heures devant les bureaux de vote ont été les victimes d'un véritable simulacre d'élections. Des millions de Congolais attendent des comptes de la part de la CENI. Ils ont vécu comme une humiliation les files d'attente pendant des heures devant les bureaux de vote. La RDCongo, un des dix pays les plus pauvres du monde qui s'est payé des élections cinq étoiles, est à nouveau la risée du monde.


Retour aux urnes


Au niveau de l'opposition, les partisans de Moïse Katumbi revendique la victoire. "Nous avons gagné dans la majorité des circonscriptions ",déclare Hervé Diakiese, le porte-parole de Ensemble pour la République, le parti de l'ancien gouverneur du Katanga. "Même si la victoire nous revient, nous ne sommes pas opposés à l'annulation des élections pour les refaire correctement car nous ne voulons pas bénéficier d'un fruit contestable. Ce qui a eu lieu n'est pas acceptable", affirme-t-il.


S'il est vrai que le parti de Moïse Katumbi paie le tribut le plus lourd à l'organisation des élections libres, démocratiques et inclusives avec les détentions de Salomon Idi Kalonda et de l'honorable Mukebayi ainsi que l'assassinat de l'honorable Chérubin Okende, au cours de la campagne, les candidats et les témoins de ce parti ont été sérieusement malmenés. Sur la toile, circulent les images d'une candidate dénudée par la foule dans le Kasaï, la province d'origine de Félix Tshisekedi. Son seul crime est d'avoir voté pour Moise Katumbi. L'ancien gouverneur du Katanga est prêt à mettre en sourdine la revendication de sa victoire pour constituer une large coalition et mettre à terre le régime en place.


Du côté de Martin Fayulu et du prix Nobel Mukwege, les élections du 20 décembre dernier ont été un simulacre. Les acteurs majeurs de l'opposition appellent à refaire les élections. "De l'existence de bureaux de vote dans des camps militaires et dans les sièges des partis politiques de la majorité, au bourrage nocturne des urnes, à l'absence des bulletins dans les bureaux de vote, l'existence des machines à voter dans des maisons individuelles en allant aux actes de violences contre les témoins ainsi que les violences physiques contre des journalistes et des femmes sont intolérables, tout a été organisé pour semer le chaos et empêcher le peuple de faire librement son choix", déclare un conseiller de Martin Fayulu.


Union des mécontents

Entre ceux qui revendiquent la victoire et ceux qui veulent refaire les élections, les premiers acceptent donc de mettre un bémol pour privilégier un accord sur les revendications communes et la remise à plat du processus. De Moïse Katumbi à Martin Fayulu en passant par Joseph Kabila, une sainte alliance pour refaire des élections crédibles s'est mise en marche. "Tshisekedi ne représente plus que lui-même. S'il s'entête, il doit reconnaître qu'il a mené une campagne qui a sérieusement divisé la société congolaise. Il vient de légitimer le discours de ceux qui n'arrivaient pas à mobiliser l'opinion congolaise. La question électorale va devenir la bataille de toutes les oppositions", commentent un analyste politique. S'il n'est pas question pour l'opposition politique de s'afficher avec ceux qui ont pris les armes, notamment le M23, il est sûr que les actions pour arracher de nouvelles élections conduisent à établir les passerelles que redoutent la Communauté Internationale.


Même son de cloche du côté des FCC de l'ancien Président Kabila. "Tout est à refaire. Tshisekedi et Bemba ne sont ni démocrates, ni progressistes. C'est le moment de faire table rase de ce régime", déclare un proche de Joseph Kabila qui fait le pari que le M23 va continuer à progresser pour démontrer l'incapacité de Félix Tshisekedi à trouver des solutions aux problèmes du Congo.


Devant le danger de la légimitation de l'opposition armée, Washington a jugé utile de sortir un communiqué dans lequel le gouvernement américain demande aux acteurs politiques congolais d'accepter le résultat des urnes. Robert Wood, le représentant permanent adjoint des Etats-Unis auprès des Nations Unies a déclaré que "Nous savons que la Démocratie ne s'arrête pas aux urnes. En fait, c'est la suite qui compte vraiment..." Le soutien américain à peine voilé à Félix Tshisekedi détonne dans le contexte de fraude massive dénoncé par tous les observateurs.


La réaction à la position de Washington ne s'est pas faite attendre. Du côté de l'opposition on affirme que la prise de position du Département confine à du racisme. "Un ambassadeur africain aux Etats-Unis oserait-il ce type de déclaration qui consiste à dire : "nous savons que vous êtes des tricheurs, vivez avec cette absence de démocratie, vous êtes incapables de faire mieux", dit un spécialiste congolais des relations internationales qui affirme que "Les Américains ne sont plus au niveau, c'est très clair. Comme en Afghanistan, ils vont se retrouver avec une patate chaude entre les mains quand le Congo explosera".


A l'évidence, si ces élections ne donneront pas à Tshisekedi la légitimité derrière laquelle il court confusément de capitales en capitales depuis cinq ans, elles vont conduire à la réconciliation entre Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Joseph Kabila. Des exploits de Denis Kadima et sa CENI, le Congo est profondément fracturé. Personne ne peut croire que ces blessures profondes vont se refermer d'autant que l'opposition armée vient également de trouver un nouveau souffle en se transformant en porte-étendard des aspirations démocratiques étouffées par Félix Tshisekedi et son régime.


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